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POPSANTÉ
L’équipe POPSANTE concentre ses recherches sur l’analyse des comportements de santé liés à la sexualité et à la reproduction ainsi qu’à l’environnement en tenant compte des vulnérabilités sociales et économiques et des rapports de genre.
Responsable de programme : Agnès ADJAMAGBO
Les projets développés dans ce pôle se répartissent en deux grands programmes :
Depuis le programme d’action du Caire, l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive est reconnue comme une condition importante du développement économique, social et humain des pays du sud. Or, comme le rappellent les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), les indicateurs sanitaires sont encore aujourd’hui à des niveaux inacceptables, notamment en Afrique subsaharienne. Dans ces conditions, l’amélioration de la santé des populations peut se faire soit par une transformation des structures susceptibles notamment de faire reculer la pauvreté soit par une modification des comportements en augmentant, entre autres, l’autonomie des femmes. L’État joue un rôle crucial dans le rythme et l’intensité des changements.
L’étude du changement de comportements sanitaires dans les pays en développement conduit à appréhender les facteurs de l’environnement social, économique et politique qui empêchent l’adoption des nouvelles pratiques et l’acceptabilité des populations aux nouvelles méthodes médicales. Dans cette perspective, les politiques de l’Etat, les vulnérabilités économiques et sociales des ménages et des populations et les inégalités de genre occupent, sans conteste, une place centrale.
Ainsi, dans un pays tel que le Viêt-Nam, le souci affirmé de l’État de gérer rationnellement la quantité et la qualité de sa population se traduit par la diffusion de services de santé de la reproduction impliquant une facilité d’accès à l’avortement provoqué. Cette posture très singulière comparée aux États d’Afrique subsaharienne affecte considérablement les normes médicales, mais aussi sexuelles et procréatives et contribue à modifier les représentations de la famille et de la place de la femme dans la société (voir programme avortement).
Sur le plan socio-économique, le projet fécondité et vulnérabilité au Maroc aborde la pauvreté, non plus comme un état durable, structurel et qui se reproduit de génération en génération, mais comme un processus complexe, quelquefois réversible, et susceptible d’agir différemment sur la santé reproductive et sexuelle. De même, le projet VIH-VIET, mené dans plusieurs villes du Viêt-Nam réinterroge les pratiques d’entraide familiale dans une situation potentiellement déstructurante qu’est l’infection au VIH/Sida d’un des membres de la famille.
Les choix en matière de santé reproductive et sexuelle relèvent aussi de logiques sexospécifiques, qui imposent de replacer les pratiques dans leurs contextes relationnels et de les analyser sous l’angle des rapports sociaux de sexe. Dans cet esprit, deux projets (les projets ECAF et EJEMA) portent une attention particulière sur la question de la relation entre les hommes et les femmes et sur la manière dont se négocie entre les partenaires ou à l’intérieur des couples le mode de régulation des naissances. Le repositionnement social et identitaire des femmes hors des sphères traditionnelles du mariage et de la maternité induit, avec les évolutions sociales et économiques, une transformation des modèles conjugaux. Ces changements s’accompagnent de processus de renégociation des rapports hommes/femmes, notamment sur les projets de fécondité. L’étude des conflits et des violences conjugales s’inscrit dans cette perspective (Voir projet Violences).
Un intérêt particulier est porté également aux interrelations entre la gestion des grossesses et des naissances non prévues et plus spécifiquement sur un type très particulier de réponse apportée à ces naissances que constitue l’abandon. Le programme Abandon mené à Madagascar analyse les différentes formes de distanciation/rupture des liens entre les enfants et leurs parents biologiques (infanticides, abandons des nouveaux-nés, confiage d’enfants…) et propose outre d’évaluer leurs prévalences et leurs tendances, d’identifier les différentes causes d’une telle pratique.
Depuis que les êtres humains ont commencé à se sédentariser, à se regrouper dans des villages et dans des villes, à développer des activités économiques et à conquérir de nouveaux territoires, ils ont modifié leur environnement et ont favorisé des conditions de diffusion des agents pathogènes (bactéries, virus et autres microorganismes) et de leurs vecteurs. Aujourd’hui, l’extension des périmètres irrigués, la déforestation massive, l’urbanisation accélérée et le changement climatique perturbent profondément, dans les pays du sud, la diversité biologique des espèces, dégradent les écosystèmes et permettent l’expansion des territoires de maladies déjà existantes (paludisme, dengue, chikungunya…) ou favorisent l’émergence de nouvelles maladies (VIH, SRAS, grippe aviaire, Ebola…). Ainsi, les maladies émergentes ont quasiment quadruplé au cours des cinquante dernières années et particulièrement dans les pays d’Afrique sub-saharienne et d’Asie du Sud-est.
Les milieux fortement anthropisés constituent un terrain particulièrement riche pour l’étude des relations entre l’environnement et la santé. Le processus d’urbanisation rapide et mal contrôlé des grandes agglomérations des zones endémiques participe ainsi à l’émergence et à la diffusion de plusieurs maladies infectieuses. En l’absence de réseaux d’adduction d’eau et de système de traitements des déchets, les populations sont obligées de stocker l’eau et multiplier les décharges informelles, favorisant les gîtes des vecteurs de maladie et les réservoirs d’agents pathogènes. Ces risques sanitaires sont, de surcroît, augmentés par la concentration résidentielle des populations humaines et par les perturbations du climat. Les précipitations fortes et les inondations influencent les aires de distribution des espèces vectorielles, modifient les écosystèmes urbains et permettre le développement des maladies hydriques (choléra, diarrhée…) et aquatiques (paludisme, dengue…). Enfin, le territoire urbain modifie les comportements sanitaires des malades et des soignants et introduit des inégalités fortes entre les individus, les groupes et les quartiers. Ces ségrégations mettent en jeu l’exposition au risque infectieux – inégalités écologiques – et les comportements de protection et de soins – inégalités socioéconomiques.
Les recherches inscrites dans ce programme (ACTU-PALU, CLIMOSAS, OPO et SA-SCO-PA-VIE) tentent de mieux comprendre les mécanismes qui régissent l’épidémisation et de mieux comprendre, à différentes échelles, les déterminants socio-comportementaux (lutte contre les vecteurs, hygiène, recours aux soins), médicaux (prescriptions et observance des traitements) et environnementaux qui (gestion des déchets et de l’eau domestique, qualité des eaux de gîtes larvaires, adaptation à la pollution aquatique, pluviométrie, stagnation des eaux…) qui régissent la santé des citadins.
VIH-VIETNAM
Prévention du VIH/Sida et prise en charge des séropositifs à Hanoï, Haiphong et Quang Ninh (Vietnam)
Abandon
Dons, abandons et prise en charge des enfants dans un contexte de pauvreté
ACTU-PALU
Vulnérabilités et équité des soins face au paludisme (VESPAL).
Mobilité et VIH/Sida
Mobilité, gestion des risques sexuels et dynamique de l’épidémie du VIH/SIDA (MobSIDA)
Fécondité et vulnérabilité
Entre équité et vulnérabilités : régulation de la fécondité, santé de la reproduction et dynamique familiale en Afrique