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USAGES
L’équipe USAGES développe une approche interdisciplinaire des relations entre sociétés locales et environnement, principalement en région méditerranéenne.
Responsable de programme : Laurent AUCLAIR
Approches pluridisciplinaires des dynamiques socio-environnementales en région méditerranéenne
L’équipe USAGES regroupe des chercheurs et enseignants-chercheurs d’horizons disciplinaires divers : sociologie, économie, géographie, agronomie et écologie. Cette diversité choisie permet d’aborder la problématique générale des interactions entre natures et sociétés au prisme de postures théoriques et méthodologiques propres à chaque tradition disciplinaire ou pensées de manière intégrative.
Les terrains d’étude se situent à la fois en Europe méditerranéenne et dans les pays du Maghreb. Ils permettent de confronter dans des contextes différents (sur le plan culturel, économique, social et politique) l’analyse des processus de transformations des espaces, des ressources naturelles et de la biodiversité en liaison étroite avec les dynamiques sociales.
Les recherches menées abordent la diversité des dynamiques socio-environnementales observées aujourd’hui de part et d’autre de la Méditerranée. Elles replacent celles-ci dans le cadre d’une homogénéisation tendancielle et de la divulgation d’une pensée globalisante, celle notamment du développement durable, du questionnement sur les inégalités écologiques et sociales ou de la mise en place de nouvelles formes de gouvernance et de citoyenneté. A partir de questionnements transversaux, nos recherches interrogent ces notions érigées pour la plupart en politiques publiques.
Les questions environnementales sont abordées à la fois par une approche constructiviste - en tant qu’enjeux sociaux traversés par des stratégies et conflits d’acteurs - et par une approche réaliste qui essaie de redonner leur place aux processus naturels dans l’organisation des sociétés, renouvelant ainsi des questions anciennes en sciences sociales et en sciences de la nature : dans quelle mesure la culture crée-t-elle une certaine nature et inversement dans quelle mesure la nature produit-elle des rapports sociaux spécifiques ? Ce vaste questionnement est décliné à partir des interrogations suivantes : quels sont les enjeux sociaux de la question environnementale ? Comment se transforment les modes de pensée liées à la question des rapports nature/société ? Cette posture nous conduit à envisager les catégories contemporaines du discours environnemental comme des productions idéologiques marquées historiquement et socialement, catégories dont les acteurs vont s’emparer à des degrés et sous des formes diverses. Sont ainsi interrogées les notions de « développement durable », « gouvernance », « concertation » et « citoyenneté ».
Les pratiques environnementales, c’est à dire les manières concrètes d’agir des acteurs sur leur environnement, constituent un objet central dans nos recherches ; à la fois point de rencontre privilégié entre les disciplines - à l’interface entre rationalités techniques, écologiques, économiques et sociales - et niveau concret d’expression des interactions complexes entre sociétés et environnement. Quelles sont les conséquences biologiques et écologiques des pratiques humaines observées dans différents contextes méditerranéens ? Comment caractériser les interactions entre les pratiques des acteurs d’une part, l’état des ressources biologiques et des écosystèmes d’autre part (biodiversité, couvert végétal, land use…) ?
Les pratiques environnementales sont étroitement imbriquées dans les systèmes de production et d’activités des acteurs sociaux, et donc dans les stratégies déployées par ces derniers pour répondre à leurs objectifs ou faire face aux aléas et contraintes. Par ailleurs, on ne peut appréhender les pratiques environnementales sans aborder les référentiels de connaissance et de perception dans lesquels elles sont mises en œuvre (savoirs, savoirs – faire, représentations de la nature). Comment caractériser les interactions entre pratiques, stratégies et représentations des acteurs ? Quels sont les déterminants endogènes et exogènes des pratiques environnementales et de leurs transformations (processus démographiques, dynamiques des ressources et des systèmes de production, facteurs environnementaux, institutionnels…) ?
Les modalités d’appropriation et de gestion des ressources et des territoires influencent dans une large mesure les pratiques environnementales observées localement ; notamment par l’instauration de normes et de droits dans le cadre des nouveaux dispositifs institutionnels se réclamant du développement durable… En retour, la mise en perspective des pratiques et stratégies des acteurs permet d’éclairer les problèmes de gestion en référence aux aspirations parfois contradictoires des usagers et gestionnaires. Les deux axes thématiques sont étroitement liés.
Comment caractériser les interactions entre régulation institutionnelle, pratiques et stratégies des acteurs dans le domaine environnemental (construction des normes et des procédures collectives, rapports de pouvoir…) ? Au delà, comment caractériser les liens entre dispositifs de gestion et dynamiques environnementales ? Que peut-on dire des interactions entre politiques publiques et stratégies des acteurs ?
Sur la rive sud de la Méditerranée, des dispositifs de gestion des ressources hérités d’une histoire longue (gestion coutumière et communautaire) sont encore fonctionnels aujourd’hui (le cas de l’Atlas marocain). Comment évoluent-ils dans le contexte des mutations contemporaines des sociétés agraires et d’une intervention publique se réclamant du développement durable (gestion participative des ressources, valorisation des savoirs locaux…) ?
D’une façon plus générale, comment se coordonnent les acteurs divers confrontés au changement (développement, mondialisation, intervention publique, changement climatique global…) et qui exploitent des ressources biologiques communes dont les dynamiques de renouvellement sont variables et incertaines (eau, pâturages, forêts…) ?
Quels sont les fondements théoriques de la gestion collective et patrimoniale des ressources ? Comment caractériser et évaluer les nouveaux dispositifs institutionnels visant une gestion « concertée » et « décentralisée » (regards croisés sur les rives nord et sud de la Méditerranée) ?
Les axes précédents permettent de nourrir la perspective systémique d’une écologie humaine en milieu méditerranéen (séminaires de recherche interdisciplinaires, offre de formation) : interactions dynamiques entre facteurs biologiques et sociaux, entre populations, sociétés et environnement. Dans cette perspective, nous interrogeons la notion de système socio-écologique (Socio Ecological System, SES). Cette notion systémique au contenu peu précis rencontre actuellement un succès croissant dans la production scientifique internationale.
Comment caractériser - fondements théoriques et méthodes - un système socio-écologique (interactions entre population / acteurs / institutions / ressources / écosystèmes) ? Comment définir ses trajectoires possibles dans un environnement institutionnel et social changeant (résilience, rupture...) ?
Programme AGDAL
« Les agdals du Haut Atlas marocain » Biodiversité et gestion communautaire de l’accès aux ressources forestières et pastorales
BioPerSan
Biodiversité, périurbanisation et santé : cas des micromammifères néotropicaux et de leurs parasites
Canaux
Co-construction des systèmes écologiques et sociaux : l’exemple des canaux d’irrigation agricole en Durance-Luberon