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Inégalités sociales et populations indigènes au Mexique : une approche plurielle

BARBARY O., 2008, communication à la conférence internationale “ Statistiques sociales et diversité ethnique : doit-on compter, comment et à quelles fins ?”, Centre Inter-Universitaire Québecois de Statistiques Sociales, Montréal, 6 au 8 décembre 2007, 16 p.

janvier 2008

Le recensement de 2000 de la population du Mexique marque sans doute un tournant dans l’histoire de l’identification statistique de la population indigène du pays. Après l’abandon en 1895 de la catégorisation raciale ou par les coutumes vestimentaires, alimentaires etc., le recensement des indigènes mexicains a reposé exclusivement, durant tout le 20eme siècle, sur un critère linguistique. En l’an 2000, l’Institut national de statistique introduit un second critère avec la question d’auto déclaration d’appartenance ethnique posée à l’ensemble des individus de cinq ans et plus. Cette innovation crée un écart numérique important entre les populations indigènes estimées selon les deux critères au moment même où, après le soulèvement néo zapatiste, les enjeux politiques et sociaux liées à la question indienne et à la mesure des discriminations se multiplient comme dans la plupart des pays d’Amérique Latine_Pour dépasser la question du nombre et mieux instruire ces nouvelles problématiques, nous défendrons ici une approche comparée de plusieurs définitions statistiques possibles qui combinent deux type d’appréhension, individuelle et collective, de ‘l’identité indigène’ à partir de l’information censitaire. La combinaison des deux critères produit 17 types de ménages (y compris les ménages non indigènes) que nous présentons dans la première section. La finalité de cette catégorisation apparaît dans l’analyse multi variée des profils démographiques et socioéconomiques des différents segments de la population du pays, et surtout dans la mise en évidence de la grande hétérogénéité de l’univers indigène (deuxième section). Dans la dynamique contemporaine marquée par l’émigration, l’urbanisation et l’acculturation linguistique, la variété des ‘conditions indiennes’ n’est plus réductible aux différences linguistiques et culturelles ‘traditionnelles’ ; elle se base, se reproduit ou se modifie principalement en relation avec les différences d’accès aux ressources et aux mécanismes d’organisation socioéconomiques modernes. Il faut aborder son analyse comme la résultante d’un ensemble de processus démographiques, spatiaux, économiques et culturels à effets différenciateurs, voire ségrégatifs._http://www.ciqss.umontreal.ca/Docs/...

Auteurs(s) de la publication : BARBARY Olivier