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Territoires, diversités urbaines et environnement

TRAMES

La démarche scientifique de l’axe TRAMES concerne la caractérisation des conditions de la durabilité de territoires : espaces urbains et structures régionales, en mettant l’accent sur l’action publique territoriale et la gouvernance de l’environnement (ressources naturelles, services, nuisances, biodiversité, etc.).

Responsable de programme : Élisabeth Dorier

Axe de travail

Mots-clés (hiérarchisés) : Recompositions territoriales, Politiques publiques, Environnement urbain, Ville durable, Réseaux, Mobilités, Gouvernance, Services, Biodiversité, Pratiques et représentations sociales.

Enjeux et objectifs : Caractérisation des conditions de durabilités des territoires

Projets de recherche de l’Axe

Le projet scientifique de l’axe TRAMES se déclinera en quatre thématiques :

A. Enjeux sociaux et environnementaux des recompositions territoriales
B. Action publique et gouvernance
C. Diversités urbaines et durabilité
D. Observatoire de l’environnement urbain

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Enjeux sociaux et environnementaux des recompositions territoriales

La première échelle d’intervention se propose de revisiter la double interaction entre villes et territoires, ou selon une nomenclature aujourd’hui remise en question, entre « urbain et rural ». On sait déjà depuis longtemps (Bairoch 1985, 1996, 1999, Bailly-Huriot, 2000) que la ville concentre la croissance et la productivité, et peut jouer un rôle d’entraînement territorial, mais on connait aussi les effets du « biais urbain ». Au niveau mondial, la croissance démographique des grandes villes s’infléchit, mais leur étalement spatial, leur pression sur les milieux et leurs diverses externalités négatives ne se démentent pas et constituent un défi majeur à l’action publique (Dorier-Apprill 2001). De nombreux auteurs (Giraut F. Maharaj B.et al. 2003, Dubresson & Jaglin 2005, Gumuchian et Pecqueur 2007 ; Adjou 2009) signalent l’importance de la coordination des acteurs et de la définition de nouveaux périmètres de l’administration publique et de la solidarité territoriale nécessaires au développement durable dans ces régions métropolisées.

Dans le même temps, les petites et moyennes villes se multiplient, dans un contexte de dérégulation politique, de fortes mobilités et de migrations. Les théories du développement régional et durable insistent sur le rôle des villes intermédiaires, presque en opposition à la métropole « mondialisée », dans la conformation de milieux innovateurs favorables à ce développement (Maillat 1999 ; Camagni 2002 ; Guesnier et Joyal 2004 ; Camagni et Maillat 2006 ; Bretagnolle et al. 2009 ; Pumain et al. 2009). Ces villes jouent aujourd’hui un rôle fondamental dans les nouvelles configurations territoriales, en relation avec la gouvernance des services, de l’environnement et de la gestion des territoires naturels, et par le jeu des relations et des circulations avec leur « hinterland ».

Les chantiers de l’axe :

  • Métropolisation et réseaux urbains (Afrique subsaharienne, Algérie, Andes)
  • Recomposition territoriales sous contraintes (France, Congo, Bolivie, Colombie)
  • Inégalités, mobilités, résiliences (Algérie, Bolivie, Colombie, Mexique)

Action publique et gouvernance

La seconde échelle d’intervention vise à comprendre la relation entre gouvernance, ou production de réseau, et construction ou production de la ville. La problématique de la gouvernance urbaine articulée à celle des services a considérablement évolué au cours des dix dernières années dans la conception des bailleurs de fonds, des institutions internationales, et même des gouvernements nationaux et locaux (Osmont et al. 2008). La notion d’accès ou d’offre, de conception très mercantile, est peu à peu abandonnée au profit d’une approche plus systémique des réseaux en relation à la problématisation de la durabilité de la ville ou de la justice environnementale.

Les chantiers de l’axe :

  • Gouvernance urbaine, contrôle territorial et enjeux de l’information géographique (Afrique subsaharienne, Algérie)
  • Gouvernance, inclusion urbaine et accès aux services de base : eau et assainissement (Maroc, Vietnam, Algérie, Afrique subsaharienne)
  • Circulation et mobilités des acteurs et des compétences (Argentine, Uruguay, Colombie, Méditerranée)
  • Concertation et gestion autour des espaces périurbains considérés comme "naturels" (France)

Diversités urbaines et durabilité

Les approches de Marseille, initiées en 2007-2009 par les diverses composantes de l’axe, se confortent et donnent lieu à une synergie interdisciplinaire pour le croisement des regards et des analyses. Elles devraient permettre dans un premier temps et à moyen terme, la production d’un atlas global pluridisciplinaire de la ville, qui intégrera des éléments du SIG sur les recompositions socio-résidentielles (contrat UP-LPED/PUCA 2007-2010 sur les enclaves résidentielles) et complètera un premier « Atlas analytique de la Trame Verte de Marseille » (contrat UP/LPED/PIRVE 2008-2011) à paraître en 2011. Dans un deuxième temps et à plus long terme (2016-2019) ce projet servira de base pour la mise en place d’un Observatoire de l’Environnement Urbain, qui lui-même sera le prolongement de l’Observatoire de la Biodiversité sur la ville de Marseille, dont l’élaboration est en cours en 2010.

Dans cette agglomération peu dense, à la structure multipolaire et très fragmentée, l’approche interdisciplinaire permettra de mieux identifier et analyser certains impacts environnementaux liées aux pratiques citadines (déplacements motorisés, pratiques de loisirs et fréquentation des zones périurbaines). Elle permettra également de mettre en évidence les espaces de nature générés et/ou sélectionnés par les nouvelles dynamiques et projets urbains, ainsi que la dynamique de la biodiversité au sein de la matrice urbaine, et d’évaluer ainsi la pertinence des projets en cours en termes de durabilité écologique.

Un autre aspect concerne le rôle des acteurs locaux en charge de ces projets afin de comprendre comment ils se positionnent et s’adaptent, en quelque sorte, à ces impératifs de durabilité, plutôt nouveaux dans leurs applications locales.

Thèmes traités :

  • Biodiversité urbaine et processus socio-naturels (Marseille, Littoral Méditerranée, Algérie, Martinique, Guadeloupe)
  • Mobilités, climats urbains et pollutions, effet sur l’organisme et la société (Marseille, Seine St Denis)
  • Durabilité sociale et environnementale du "modèle" marseillais (Marseille)

Observatoire pluridisciplinaire de l’environnement urbain

Dans ce projet nous proposons de suivre la dynamique de la Biodiversité (composition, organisation, processus de dispersion, homogénéisation biotique) pour différentes communautés biologiques (papillons, végétaux, oiseaux). L’objectif de l’observatoire est de fédérer les différents acteurs (scientifiques, collectivités territoriales, associations…) afin de mettre en évidence les évolutions des territoires de la ville de Marseille, qui sera prise comme modèle.

Les méthodes utilisées reposeront sur des inventaires annuels, ainsi que des expérimentations de terrain (mesures diachroniques de dispersion en fonction des barrières physiques du milieu urbain, effet du climat sur la croissance des végétaux, mesures de colonisation des milieux naturels périurbains…).

Les données seront stockées dans une base de données géo-référencées, pérenne et accessible aux différents acteurs. La création de cet observatoire relève en premier lieu d’une volonté forte du LPED de capitaliser les données déjà existantes, issues des travaux menés depuis 2004 en écologie urbaine, et de les pérenniser sur le long terme. En second lieu, ce projet vise à se positionner au niveau national dans le réseau de site-atelier ville en cours d’élaboration par l’INSU, qui devrait permettre de se doter au niveau européen d’un réseau similaire aux US LTER (Long Term Ecological Research). Cela s’est concrétisé dernièrement par notre réponse à l’appel d’offre UrbEcol de l’INSU (Juin, 2010), proposant la métropole marseillaise comme site-atelier.

Les données actuelles résultent des travaux conduits à travers deux thèses (Marco, 2005-2008 : Lizée, 2008, 2010) menées au LPED et également sur la base de deux programmes de recherche pluridisciplinaire (PIRVE, ANR Ville Durable) menés depuis 2008.

Programmes en cours

Programmes achevés

Retours de terrains